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Lookout for the #snapchot ... might be fun.


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Sunday, 22 February 2009

My 9.11 wake-up call (part 7.9)

Au détour d’un croisement, on aperçoit un bus sur le point de démarrer. Non seulement, c’est le premier bus dans le sens de la remontée que l’on croise, mais en plus il s’agit de notre ligne !! De toute façon, on aurait pris n’importe quel bus en direction de nos appartements respectifs !
Voyant le bus ralentir au niveau d’un arrêt de bus, nous courons le plus vite possible pour l’attraper, sans pour autant savoir s’il va prendre des passagers ou remonter à vide. N’étant pas les seules à avoir remarqué les mouvements du bus, une soudaine ruée a lieu en direction de l’appareil, mais nous arrivons à nous faufiler, je ne sais trop comment pour être honnête, et nous sommes parmi les premières à monter.


Nous nous dirigeons rapidement vers les fauteuils amovibles au centre du bus et nous asseyons avec un certain soulagement quant à moi. Installées, nous observons la foule qui remplit peu à peu l’étroit espace jusqu’à l’étouffement. Bien évidemment nous retrouvons parmi ces visages les mêmes traces de choc, d’angoisse et d’incrédulité que nous avions déjà pu observer à l’extérieur.
Une fois parti, les langues se délient et tout le monde parle avec tout le monde des évènements qui viennent d’arriver.
Leslie et moi essayons de capter au maximum afin de comprendre enfin. Les mots « avions » reviennent souvent jusqu’à ce que Leslie ose poser la question. Que s’est-il passé ? Si mes souvenirs sont bons, plusieurs personnes voulurent nous expliquer en même temps. Une chose est sûre, c’est qu’ils étaient tous d’accord sur le fait que deux avions s’étaient écrasés volontairement dans les tours. Comme toutes ces personnes avaient l’air saines de corps et d’esprit, nous ne pûmes que nous incliner. Pour ma part, je n’arrivais toujours pas à le croire. Ca dépasse l’entendement.
Le bus ayant repris sa route habituelle, il marque tous les arrêts de la ligne pendant que nous parlons. Ainsi, de plus en plus de gens montent et ça commence à devenir vraiment étouffant. Leslie n’arrête pas de me dire que nous devrions rabattre la banquette sur laquelle nous sommes assises afin de libérer un peu d’espace (c’est prévu à cet effet lorsqu’il y a des fauteuils roulant qui empruntent cet appareil). Seulement, je lui rétorque que vu la tête du troisième occupant de la banquette, il ne risque pas de vouloir se lever. Au bout d’un certain temps, Leslie qui trépigne presque de ne pouvoir faire quelque chose avec cette satanée banquette finit par céder sa place à une femme âgée très distinguée qui se trouve debout devant nous avec des paquets plein les pieds. De même, je me lève afin de laisser ma place à sa compagne. Peu habituées à de telles marques de politesse, les deux femmes nous remercient et nous demandent immédiatement d’où nous venons, comme si nous ne pouvions être américaines ! Mais je crois surtout qu’elles avaient dû nous entendre échanger des commentaires en français. Ainsi la conversation s’engage.
Peu à peu, la conversation s’étend à un petit groupe de personnes autour de nous.
Un jeune garçon d’origine portoricaine provoque un moment d’hilarité. En effet, il est « rescapé » des tours. Il se trouvait qu 66ème étage de la seconde (je crois) tour. Il a réussi à s’en sortir parce qu’il nous a raconté qu’il n’avait pas vraiment hésité et qu’il avait fonçé dans les escaliers en ayant entendu ce qui se passait dans la première. Il nous a dit que s’était interminable et horrible. Sur son visage on pouvait lire sa joie de s’en être sorti, occultant tout le reste, pour le moment.
Depuis quelques minutes, il essaye de joindre sa mère avec son portable, afin de la rassurer mais également pour qu’elle joigne sa petite amie pour lui dire qu’il allait bien, mais il n’y arrive bien entendu pas. Une jeune femme noire très dynamique à côté de lui lui demande alors pourquoi il ne cherche pas à joindre directement sa petite amie. Peut-être que son numéro à elle fonctionnerait ? Et lui, de répondre un peu piteusement qu’il ne le connaît pas par cœur. Normalement il est dans répertoire de son portable, mais il n’arrive pas à l’atteindre en l’occurrence. Pas de chance pour lui, il était majoritairement entouré de femmes qui se sont toutes récriées quand il a osé avouer qu’il ne connaissait pas le numéro de sa dulcinée par cœur ! Et on a toutes continué à le charrier quand il a avancé comme excuse que ça ne faisait pas longtemps qu’ils sortaient ensemble.
Pendant un (trop) court instant, nous avions oublié pourquoi il souhaitait si ardemment téléphoner. La femme si distinguée lui a gentiment proposé son propre portable, qu’elle avait auparavant proposé à Leslie et à moi-même afin que nous appelions nos familles en Europe !
Malheureusement, comme tout le monde s’en rendit compte à cet instant précis, aucun téléphone portable ne fonctionnait à ce moment-là, pour les raisons que j’ai déjà expliquées au lecteur.
Juste sur ma gauche, à un siége de distance, le bruit d’un gros sanglot me prend par surprise. Je me retourne brusquement. Une femme noire, complètement prostrée est en train de craquer. La jeune noire dynamique nous explique (car un silence s’est abattu sur le bus suite à ce rappel à l’ordre) qu’elle était dans les tours et son fils aussi je crois, mais je n’ai pas bien compris son explication. Quelqu’un s’est chargé d’essayer d’apaiser son chagrin, mais c’était peine perdue vu que tout le monde dans le bus est choqué ou rescapé. Cependant, la solidarité est grande entre tous ces inconnus. On se sent tous unis, moi comprise, par ce que nous venons de vivre.

La jeune noire, bien que son téléphone portable ne puisse atteindre un réseau, a réussi à contacter une sorte de répondeur automatique qui donne des informations en temps réel. Ainsi, elle les communique à voix haute à tout le bus qui écoute religieusement chacune de ses annonces.

- Un avion est porté disparu.
- La tour Sud s’est effondrée

Un cri d’horreur s’élève à cette annonce. Quelqu’un dit autour de moi « Mon Dieu, ces pauvres gens ».

- Un avion s’est écrasé sur le Pentagone.
- Il manque des avions.
- Les deux tours sont effondrées

Deuxième murmure d’horreur incrédule.

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