Look for it

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I'm back a bit.
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Lookout for the #snapchot ... might be fun.


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Sunday, 22 February 2009

My 9.11 wake-up call (part 3.9)

Comme il fait beau, nous partons d’un bon pas, d’autant que dans ce sens, Broadway est en pente douce…J’essaye de suivre Leslie qui file devant moi, tout en me demandant ce qui se passe car il y a toujours autant de monde qui regarde en l’air. Or, à cette heure-ci, les New-Yorkais sont généralement plutôt pressés, c’est le début de la journée de travail. Ce qui ne laisse pas de nous intriguer, c’est que toute la population se trouve sur le côté gauche de la route. Nous sommes quasiment les seules à être à droite, à l’ombre.

-Tiens voici l’épicerie dont je te parlais hier soir, me dit Leslie en m’indiquant sur notre gauche (encore et toujours !) Dean & Delucca, l’une des épiceries fines les plus célèbres de NY.
-Oui, j’en ai entendu parler. Ca a l’air sympa, ça ressemble au Bon Marché à Paris.
-Exactement ! Je vais de temps en temps y faire un tour quand Paris me manque. Ils ont pleins de produits magnifiques.

Nous décidons alors de traverser afin de nous rapprocher des vitrines, mais le trottoir est noir de monde. Les gens qui travaillent dans les magasins alentour sont tous sortis afin de voir ce qui se passe. C’est là qu’en nous joignant à la foule nous comprenons enfin ce qui les attire. Entre deux buildings, on aperçoit une partie de la Tour Nord des Twins qui est en feu Apparemment, le feu a pris à l’angle du building.

-Mince, il y a eu une explosion dans la tour. Ca doit être un problème technique.
-Ca m’étonnerait me répond Leslie.
-Quand même, je ne vois pas ce que ça peut être d’autre ! Ça peut tout de même pas être une bombe, rétorquais-je. Ce n’est pas possible.
On est aux Etats-Unis tout de même, maniaques de la sécurité !
-Hmm
-Mais non, je suis sur qu’il y a eu un court-circuit. Tu sais, il suffit d’une petite étincelle, avec l’infrastructure de ces deux tours, ça se propage vite ensuite.
-Oui me répond une Leslie pour le moins sceptique.

La vue de cette tour qui fume légèrement, émergeant entre deux buildings, me fait prendre mon appareil photo et demander à Leslie de m’attendre deux minutes. Pendant que je règle mon appareil, mal à l’aise parce que j’ai conscience que les gens alentour me regardent un peu bizarrement, il y en a un qui me dit quelque chose du genre « c’est ça, prend des photos, tu m’en enverras une ! » vaguement rigolard. Bon d’accord, un immeuble en feu, c’est un peu bizarre, mais j’aime la photographie et cette vue n’est pas commune (Je ne crois pas si bien dire !). Néanmoins, je ne m’attarde pas et je rejoins Leslie qui a l’air pressée et, maintenant que j’y repense, tendue. Il est vrai que l’atmosphère n’est pas habituelle. Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’on réalise que le silence ambiant n’est absolument pas normal. Il est aux alentours de 9h15.

C’est vrai qu’il n’y a plus de klaxons, mais subitement on réalise qu’il n’y a plus non plus un seul véhicule sur la chaussée, pas de cris, très peu de gens qui parlent. C’est vraiment calme, mais un calme inquiétant, comme si l’air s’était suspendu, en attente de quelque chose. Je ne dis pas ça parce que maintenant je sais ce qu’il s’est passé, même sur le moment je n’arrête pas de répéter « Mais qu’est-ce qui se passe ? » comme une litanie (et comme une débile !). Leslie aussi s’interroge.

Nous continuions à descendre rapidement, longeant Soho, jusqu’à ce que je réalise brusquement en me retournant, que nous sommes absolument les seules à descendre. Les seules !!! Pas une personne ne nous suit ou nous précède. Nous rencontrons de plus en plus de monde qui vient à notre rencontre, tous plus ou moins concentrés, pressés. C’est cette véritable marée humaine de plus en plus difficile à fendre qui vient à notre rencontre, qui me fait me demander si on ne ferait pas bien de remonter nous aussi. Pourquoi continuer à descendre, puisque apparemment il se passe quelque chose d’anormal ? Mais comme on ne sait pas ce qui se passe, pourquoi ne pas continuer à descendre ???. Ma question se perd dans le vent ; Leslie ne dit rien, peut-être n’a-t-elle pas entendu.

Un peu plus bas, à un croisement se trouve un marchand ambulant comme il y en a tant à NY. Ne dérogeant pas à la règle, celui-ci vend bagels, beignets et autres douceurs. Pourquoi ai-je plus particulièrement remarqué celui-là ? Alors que tout le monde se dépêche de remonter, voilà un homme d’affaires en costume gris, les cheveux courts, blond comme les blés et plutôt un peu enveloppé, qui s’arrête brusquement afin de s’acheter un bagel ou une bretzel ! Ce qui est surprenant ce n’est pas tant le fait qu’il s’achète quelque chose, mais eu égard à l’ambiance alentour, c’est vraiment incongru. On pouvait lire sur son visage qu’il fallait impérativement qu’il mange quelque chose afin de se remettre de ses émotions. Il avait l’air complètement stressé, son visage luisait de transpiration. Cela m’a fait rigoler sur le moment car je me suis dit que c’était bien américain comme comportement (jugement un peu limité, j’en conviens parfaitement) : la terre pouvait s’écrouler, avec un bagel, ça va tout de suite mieux...un peu comme la publicité « Un Mars et ça repart »...
Ayant réglé son achat, le voilà qui se remet en route rapidement comme j’arrive à sa hauteur, irradiant positivement de contentement en mordant dans son en-cas. Sa rencontre m’a mise de bonne humeur à nouveau, oubliant quelques instants mon inquiétude.

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