Look for it

-

I'm back a bit.
Welcome back.

Lookout for the #snapchot ... might be fun.


-





Sunday, 22 February 2009

My 9.11 wake-up call (part 2.9)

Attendre le bus au soleil, emmitouflée dans mon étole parce que l’air est vraiment vif, est assez réjouissant : j’observe la population de l’Upper West Side débutant une journée comme les autres. Le bus est majoritairement rempli d’enfants de tous âges qui chahutent joyeusement en se reconnaissant, accompagnés soit par leurs mères avant que celles-ci ne se rendent à leur travail, soit par des nounous plus vrai que nature ! Impossible d’oublier que nous sommes à Manhattan ! !

Bien évidemment, la traversée de Central Park, le matin à 8 heures, est plutôt sportive et laborieuse car la circulation est intense. Cependant, je n’en arrive pas moins la première au croisement de Fifth Avenue et de la 79 Street.
Si la circulation est plutôt chargée, il y a très peu de piétons dans le quartier, à l’exception de quelques (courageux) joggeurs matinaux qui sortent du Park et d’employés de maison qui prennent leur service. Cela me permet de voir Leslie arriver de loin, en courant pendant que je fais quelques pas.


-Hello ! Désolée pour le retard, me dit-elle, essoufflée.
-Non, c’est moi ! Mais mon amie m’a réveillée plus tard que prévu parce qu’elle ne s’est elle-même pas réveillée.
-En fait, je suis levée depuis 5 heures du matin, réplique Leslie.
-Quoi ?
-Je me suis trompée en réglant mon réveil, m’explique-t-elle en rigolant. Je voulais me lever à 6 heures pour ranger quelques bricoles avant de partir et quand le réveil a sonné, je me suis dit que quitte à être réveillée, autant me lever tout de suite comme ça j’aurais le temps de tout faire.
-Heu, oui, c’est une façon de voir les choses.
-Et finalement, j’étais tellement prise par mes valises que quand tu m’as appelée, je n’avais pas vu l’heure et bien entendu, je n’étais pas prête.

Tout en discutant, nous nous dirigions vers l’arrêt de bus de l’autre côté de la rue, le long de Central Park et, bien qu’ayant piqué un sprint, nous l’avons évidemment raté ! Enfin, nous montons dans le suivant qui s’apprête à partir et qui de ce fait est encore vide.

-On gèle dans ces bus ! , m’exclamais-je.
-Viens au fond, c’est l’endroit le plus chaud à cause du système de climatisation.
Et c’est vrai, les places du fond sont très agréables pour nous européens car elles sont à peu près tempérées entre les courants d’air glacés produits et les courants brûlants émis par la pauvre machine qui surchauffe.
Bien installées, nous entamons une conversation plus ou moins décousue tout en observant 5th Ave puis Broadway qui défilent, peu dérangées par les autochtones, bien sûr au courant de cette particularité climatique…
Nous finîmes par parler de nos études et de ce que nous comptions faire l’année suivante. Sujet somme toute banal quand on se trouve en année de maîtrise à la fac.
Un peu avant 9 heures (le bus se traînant au milieu de la circulation intense, on surveille l’heure toutes les deux), j’expose justement à Leslie le sujet d’études et éventuellement de travail qui me tient plus particulièrement à cœur. Il se trouve que quelques mois auparavant, j’ai effectué des recherches pour un mémoire qui a pour titre « Assurance et catastrophes naturelles ». Courte explication :

- Tu vois, exposais-je, ce qui m’intéresse, c’est de travailler au développement de nouveaux produits financiers qui permettent aux assureurs de se couvrir de manière moins coûteuse et moins risquée contre les catastrophes naturelles ou humaines ou même les actes de terrorisme. Par définition, ces actes se produisent de manière irrégulière, ce sont des événements extraordinaires, et les assureurs ne peuvent les prévoir précisément, et ça leur coûte treeèees chers. Tu te souviens de l’ouragan Andrew qui a tout démoli aux USA en 1992, ou même des tempêtes en France fin 1999 ? Elles ont coûtées des millions et on ne peut pas vraiment dire que les compagnies d’assurance pouvaient prévoir ce genre de choses en Europe. En Floride, à la rigueur, on peut s’y attendre, mais en Europe !!... (Quand j’aborde ce sujet, je deviens excessivement prolixe, mais tout ceci a eu, malheureusement, un autre sens après-coup, rassurez-vous cher lecteur !).
- Oui, je vois très bien ce dont tu veux parler. D’ailleurs, j’ai un copain à NY qui travaille justement sur ce thème-là. Si tu veux, je peux lui parler et vous mettre en contact, ça pourrait être intéressant pour toi de voir comment ça se passe côté boulot.
- Oh oui, ce serait génial !!! Si ça ne te dérange pas…
- Pas du tout, je lui en parlerais. Mais qu’est-ce qui se passe ??

Pendant que nous devisions, toutes à notre discussion, nous n’avions pas vraiment prêté attention à ce qui se passait autour de nous. Notre bus est à l’arrêt depuis quelques instants et les gens sont pour la plupart descendus. Bon, comme nous sommes dans Broadway, Leslie et moi supposons qu’il y a un embouteillage quelconque, vu que dans la rue, tous les véhicules s’arrêtent ou sont à l’arrêt. Les passagers restants s’approchent du chauffeur afin d’obtenir des explications. Leslie décide elle aussi d’aller voir le chauffeur. Elle revient bredouille, celui-ci n’ayant donné aucune explication. Ce qui nous intrigue, c’est que tout le monde, chauffeur compris, se tord le coup afin de voir ce qui se passe en hauteur. De mon côté je ne vois absolument rien, et le côté droit du bus est face aux buildings de la rue, donc rien à en tirer. C’est tout de même surprenant, mais on se dit qu’il doit y avoir un incendie sur le toit d’un des buildings, évènement pour le moins plausible, et qu’ils ont préférer couper la circulation afin de ne prendre aucun risque.
Après avoir attendu quelques minutes pour voir si le bus ne repartait pas par hasard, nous décidons d’un commun accord de poursuivre à pieds, puisque apparemment, l’accès n’est pas refusé aux piétons.
Il est 9 heures 10. Le bus s’est arrêté au niveau de Greenwich Village, vers la 3rd Street, ce qui nous laisse une certaine distance à parcourir avant d’arriver à destination, c’est à dire en face du World Trade Center. Il y a pas mal de monde sur Broadway car tous les bus se sont vidés de leurs passagers, mais aucune voiture, c’est assez tranquille et calme sans les klaxons et bruits de moteur !

No comments: