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Sunday, 22 February 2009

My 9.11 wake-up call (part 1.9)

Une Parenthèse à NY




-A. ?
Mmm ????...
-A. ?
J’ouvre les yeux puis me lève d’un bond, rejetant le couvre lit d’un geste brusque. Je fais glisser la porte coulissante avec un peu de difficulté car, bien qu’ayant les yeux grands ouverts et étant au garde à vous, on ne peut me qualifier de « réveillée ».
-Je suis désolée, je ne me suis pas réveillée à l’heure. J’ai eu un peu de mal, s’excuse une Luiza l’air encore plus ensommeillé que moi, debout dans l’escalier faisant face à mon coin chambre.
Merde.
-Ce n’est pas grave. Quelle heure est-il ?
-7 heures un quart.

C’est mon dernier jour à NY. Mardi matin, 11 septembre 2001. Je reprends l’avion pour Paris ce soir à 22 heures, heure locale.
J’avais demandé à Luiza de me réveiller tôt car mon programme est chargé. Après avoir passé une semaine près de NY, j’avais rallongé mon séjour de quelques jours chez des amis français habitant NY depuis peu.
Bref, aujourd’hui, c’est mon dernier jour. Avec une copine de fac de Paris habitant momentanément à NY, on a décidé de faire une petite virée avant de prendre chacune nos avions respectifs pour Paris, elle pour des vacances, moi pour la fin de mes vacances ! Nous avons projeté de faire du shopping au Century 21 qui, miraculeusement, ouvre très tôt le matin, puis de prendre un méga breakfast dans un bar de l’Upper East Side, avant d’aller voir la Frick Collection. Tout ça avant 14 heures afin qu’elle puisse attraper son avion… Si vous regardez un plan de NY ou que vous y êtes déjà allé, vous comprendrez la nécessité de se lever tôt…

Me voici donc déjà en retard sur mon programme. Je file rapidement vers la salle de bain afin de procéder aux ablutions matinales indispensables dans un climat aussi moite.
Ensuite, direction la cuisine, joliment éclairée par le reflet du soleil sur les buildings d’en face. Attrapant un bout de pain et un verre de jus de fruits en passant, je savoure un (trop court) moment la tranquillité qui émane de cette cour.

Ce que j’appelle cour est en fait un espace intérieur de dimensions fort respectables pour Manhattan. Elle a la taille de ce qu’on appelle un « block », c’est-à-dire un pâté de maison. Les immeubles qui forment le rempart extérieur ne sont pas des tours, mais des maisons de quelques étages (appelées « Brown House » à cause de la couleur des briques avec lesquelles elles sont construites) et qui chacune possède un petit bout de jardin sur l’arrière, ce qui donne une impression très agréable d’espace.
(Je me permets de vous ennuyer un peu par cette description parce que cette cour a eu un effet magique sur moi, apaisant. Ayant une affection particulière pour le film « Fenêtre sur cour » d’Alfred Hitchcock, je ne peux m’empêcher de ressentir toute ressemblance architecturale, fortuite ou intentionnée, qui crée la même atmosphère que dans ce superbe film.)
Aucun bruit de circulation ne parvient jusque-là. Les propriétaires ou locataires, conscients de la chance qu’ils ont, ont aménagé ces petits bouts de terrains du mieux qu’ils pouvaient, en essayant d’y mettre le maximum de verdure afin de compenser le béton et les briques environnants. Comme du fait de lubies architecturales et décoratives, toutes les parcelles sont de taille et de forme différentes, intégrant parfois des hangars ou des terrasses surélevées, tout cela forme un joli et joyeux fouillis.
Assise sur le rebord de la porte-fenêtre de la cuisine, j’admire le ciel d’un bleu étonnamment pur pour cette ville ainsi que le levé du soleil sur les maisons voisines. Les voisins se manifestent petit à petit et je les observe à travers les grilles du micro balcon (juste assez grand pour contenir le micro barbecue portatif seule la tâche de couleur qu’il forme au milieu de la verdure et des briques diffère des autres tâches de couleur de forme identique que l’on peut distinguer ça et là). C’est sympa parce que le couple du rez-de-chaussée prend chaque matin son petit déjeuner à l’extérieur, sur leur jolie table blanche en fer forgé, tout en lisant les journaux du jour. Un vrai petit déjeuner, digne d’un grand hôtel, avec plateau, nappe blanche, argenterie et jus d’orange (frais ?), agréable variation par rapport à mon bout de pain, mais je me rattraperais tout à l’heure.
Bercée par les bruits d’arrosage, je perçois vaguement le murmure de la radio du voisin du dessus ainsi que la bonne humeur bruyante des ouvriers commençant leur journée un peu plus loin sur la droite. Le temps s’est suspendu, comme à chaque fois que je contemple cet espace. On est à mille lieues de réaliser qu’on se trouve au cœur même de NY, sûrement la ville la plus survoltée qui existe !
Difficile de m’arracher à la contemplation de ce ciel d’un bleu parfait, du soleil levant et de la nature à mes pieds, très difficile…Mais bon, le temps ne se suspend pas malgré ce qu’on pourrait croire...

Je m’habille rapidement d’un corsaire, de grosses chaussures (indispensables vu le programme et la ville), d’un T-shirt et d’un gilet, sans oublier l’indispensable étole afin de combattre vaillamment la climatisation outrageusement omniprésente et typiquement américaine.

Après avoir prévenu Leslie, comme convenu, par un coup de fil, me voici enfin partie.

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